Trevin Brownie n'a pas oublié son premier jour en tant que modérateur de contenus pour Facebook, dans les locaux d'une société sous-traitante basés dans la capitale kényane Nairobi.
"Ma première vidéo, c'était un homme qui se suicidait. (...) Il y avait un enfant de deux ou trois ans qui jouait à côté. Après que l'homme s'est pendu, au bout d'environ deux minutes, il comprend que quelque chose ne va pas", raconte ce Sud-Africain de 30 ans, avant de décrire comment l'enfant tente de sauver cet homme, son père.
"Ça m'a rendu malade. (...) C'était comme des nausées, des vomissements. Mais j'ai continué à effectuer mon travail", poursuit-il. Entre 2020 et 2023, il a visionné chaque jour des centaines de vidéos violentes, appelant à la haine et les a bloquées pour qu'elles n'arrivent pas devant les yeux des utilisateurs de Facebook.
Il travaillait à Nairobi pour Sama, société californienne à qui Meta - maison-mère de Facebook, d'Instagram et WhatsApp - a sous-traité entre 2019 et 2023 la modération des contenus Facebook pour l'Afrique subsaharienne.
Dans ce "hub" continental, des centaines de modérateurs venus de divers pays africains ont opéré, après avoir été recrutés notamment pour leurs connaissances des langues locales.
Assistance psychologique
Trevin Brownie dit avoir vu "des centaines de décapitations", "des organes arrachés de corps", des "viols et de la pédopornographie jusqu'au dernier niveau", "des enfants ...
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